Quelles sont les propositions des Etudiants en médecine et des Jeunes Médecins pour lutter contre les déserts médicaux?

Découvrez leur proposition de loi pour enfin améliorer efficacement l’accès aux soins

Publié le 27 mars 2025

Mercredi 26 mars, la commission des affaires sociales a examiné la proposition de loi contre les déserts médicaux n°966 portée par le député Guillaume Garot. Ce texte construit autour de la mise en place d'une régulation à l'installation a généré beaucoup de tensions avec un rejet unanime des médecins libéraux. Alors que la proposition doit être examinée en séance publique le 1er avril, les jeunes et futurs médecins présentent leurs propositions législatives concrètes, réalisables et issues du terrain pour enfin proposer aux Français un meilleur accès aux soins.

«Primum non nocere», en premier ne pas nuire

Depuis plusieurs années, les jeunes et futurs médecins expliquent que la régulation à l'installation ne résoudra en rien la problématique de l'accès aux soins. Pire, qu'elle sera contre-productive en ajoutant des contraintes à une profession déjà en difficulté. C'est pourquoi les députés ont finalement rejeté l'article 1er actant une régulation à l'installation des médecins, comprenant qu'il est essentiel de ne pas aggraver l'attractivité de la médecine de ville dans un contexte de pénurie médicale.

Pour un meilleur accès aux soins, stop aux propositions démagogiques, place aux actions concrètes issues du terrain

Nombreux sont les parlementaires, élus, patients, à appeler de leurs vœux une solution forte pour agir efficacement sur les difficultés d'accès aux soins croissantes impactant la population. Les étudiants en médecine et jeunes médecins généralistes sont bien conscients de l'urgence de la situation, qu'ils subissent également au quotidien, et tiennent à les rassurer : de vraies solutions existent, loin des propositions simplistes et démagogiques prônées par certains !

Il est temps d'écouter les jeunes et de leur faire confiance

L'ANEMF, l'ISNAR-IMG et ReAGJIR, représentant respectivement les étudiants en médecine, les internes de médecine générale et les jeunes médecins généralistes, appellent à ne pas céder au fatalisme et présentent aujourd'hui leur propre proposition de loi, à même d'améliorer durablement l'accès aux soins. Plutôt qu'une proposition basée sur la contrainte et la culpabilisation d'une profession pleinement engagée, ils présentent une proposition de loi visant à favoriser l'accès aux soins par la simplification de l'exercice et le soutien aux professionnels de santé.

4 chapitres, 14 articles pour agir conjointement sur l'ensemble des leviers à disposition : libérer du temps médical (moins de tâches administratives inutiles, transfert de certaines missions à d'autres professionnels de santé dans le cadre d'un travail d'équipe formalisé), accompagner les étudiants et jeunes professionnels (création d'antennes universitaires, réalisation de plus de stages en ville, amélioration du CESP), agir sur la prévention (éducation à la santé dès l'école) et préciser le rôle des collectivités locales en tant que soutien des professionnels (facilitation du travail en équipe, lien ville-hôpital).

Il ne sera désormais plus entendable d'accuser les jeunes de s'opposer sans proposer d'actions concrètes, alors qu'ils n'ont eu de cesse de présenter leurs solutions communes ces dernières années. Les leviers législatifs sont là, prêts à l'emploi, la balle est maintenant dans le camp des parlementaires. Auront-ils le courage de s'en saisir ou continueront-ils à ignorer ces mesures ?

Télécharger la Proposition de loi visant à favoriser l'accès aux soins par la simplification de l'exercice et le soutien aux professionnels de santé ci-dessous

Bastien BAILLEUL, président de l'ISNAR-IMG
Raphaël DACHICOURT, président de ReAGJIR
Lucas POITTEVIN, président de l'ANEMF

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