
Depuis plusieurs mois, la Fédération de l'Hospitalisation Privée (FHP) alertait le Gouvernement autour d'une double préoccupation : sociale tout d'abord, avec l'indispensable revalorisation des rémunérations des professionnels de santé du secteur privé ; sanitaire ensuite, sur fond de situation financière alarmante des établissements de santé (une clinique privée sur deux est en déficit), avec l'impact sur l'accès aux soins des patients. Des ouvertures prometteuses avaient été faites par les ministres, la Loi de Financement de la Sécurité Sociale (LFSS) était porteuse d'une volonté de soutenir les acteurs sanitaires, laissant augurer d'une campagne tarifaire à la hauteur des enjeux.
Soyons clairs : derrière l'équité tarifaire affichée politiquement entre secteur public et secteur privé, la déception est grande. Les tarifs hospitaliers n'augmenteront que de 0,5 % en 2025 pour les hôpitaux publics comme privés. Avec une inflation estimée à 1,5 % dans l'ONDAM, cette hausse de 0,5 % - amputée du coefficient prudentiel de 0,7 point pour sécuriser le respect des dépenses de santé, - ne couvre pas l'évolution des coûts, laissant aux établissements de tous statuts un déficit d'a minima un point. Loin de les sortir de l'ornière, la campagne tarifaire 2025 n'apporte pas la réponse adéquate aux difficultés des établissements de santé et compromet l'exercice serein de leurs missions dans les territoires. Les engagements pris lors des débats du PLFSS semblent loin.
Par ailleurs, le « chemin » de financement promis par le Gouvernement sur notre accord social majoritaire dit « avenant 33 » s'est embourbé : les 80 millions d'euros promis ne représentent que 28% de son besoin de financement. Comment, dans ce contexte, assurer une politique salariale digne de ce nom et préserver l'attractivité des métiers de la santé ? C'est tout un secteur qui se retrouve dans l'impasse avec des décisions faisant peser un risque majeur de tensions sociales. Sur ce sujet, la FHP est au-delà de la déception, car les politiques sociales sont une priorité de l'hospitalisation privée.
Une illustration encore d'un engagement non tenu : la suppression du coefficient de reprise des avantages fiscaux liés au CICE ne sera appliquée qu'à partir de mars, malgré la publication d'un décret en fin d'année.
« Les annonces tarifaires du Gouvernement cumulent de nombreux facteurs de déception et d'incompréhension. Les signaux positifs que nous avions ne se sont pas traduits en mesures tangibles permettant de vraiment changer la donne, pour nos établissements comme pour nos professionnels. C'est sans doute sur ce dernier sujet que la désillusion est la plus grande car rien ne compte plus que la reconnaissance des professionnels de santé. Ce n'est pas comme cela que l'on va parvenir à réformer et à transformer notre système de santé ! Nous allons convoquer un Comité exécutif extraordinaire pour échanger sur tout cela et étudier les décisions les plus opportunes à prendre rapidement. », précise Lamine Gharbi, président de la FHP.
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